Bon, je vais essayer de clarifier ici une partie du cours que, tous les ans, je rate: les méthodes de calculs de la provision mathématique.
Après quelques éléments de droit, je pense que le
plus simple est d’illustrer le calcul de la PM sur un cas simple, comme
en cours, i.e. une temporaire décès avec prime annuelle.
Cet exemple avait été repris ici, très (trop)
brièvement. Sinon je peux renvoyer vers les slides de Pierre
Devolder, ici,
- Valorisation d’une assurance temporaire décès
Le "
principe fondamental de valorisation", on doit avoir
en faisant une valorisation à la date 0, i.e. la date de souscription du contrat.
Pour l’assuré, il souhaite payer une prime annuelle constante

, noté plus simplement

, tant qu’il est en vie i.e.
où
(le

car le paiement se faisant ici en début de période). De même,
où

(l’indemnité étant versé par l’assureur à
terme échu). J’utilie ici les notations officielles selons les
normes françaises que l’on retrouve dans les ouvrages de Pierre
Petauton et Christian Hess (ormis peut être pour le taux
d’actualisation qui est généralement noté i). Il existe des nuances
entre les notations françaises et les notations internationales. Je
renvoie
ici ou
là
pour les standards internationaux. Parmi les notations internationales,
on notera que ce que j’ai noté A ici est souvent noté \bar{A} dans la
littérateure anglosaxonne (le A signifiant un paiement en milieu
d’année).
Berf, pour revenir à notre prime annuelle, on en déduit que
- Définition de la provision mathématique
Notons

la valeur actuelle probable, en

, des engagements de l’assurés pour la période

. Aussi,

sera la valeur
actuelle probable, en 0, des k premières primes annuelles. Et
on notera

la valeur actuelle
probable, en 0, des
engagements de l’assurés pour la période

, i.e. la
valeur actuelle
probable des n-k dernières primes annuelles.
De manière analogue, notons

la valeur actuelle
probable, en

, des engagements de l’assureur pour la période

.
Comme tenu du principe fondamental de valorisation, pour un contrat arrivant à échéance au bout de n années, on doit avoir
pour un contrat soucrit à la date 0 et tel qu’il n’y a plus d’engagement de part et d’autre passé n années.
Aussi
avec, de manière générale
et
(d’où le principe d’inversion du cycle de production de l’assurance).
La provision mathématique (pures) de l’année k sera
noté

si elles sont actualisée à la
date t. La référence étant

(i.e. on actualise en k). C’est ce qui a été
noté

dans le cours. On définit

par
Cette définition sera dite
rétrospective
(car on se place sur la période antérieure à k).On
peut aussi écrire, de manière équivalente (compte
tenu du principe de valorisation)
Cette définition sera dite
prospective (car on se place sur la période postérieure à k).
Enfin, il existe une dernière méthode, correspondant à une simple mise à jour, i.e.
Cette méthode sera dite
itérative,voire
en l’occurence itérative ascendante, car on initialise
avec

. Mais il sera aussi possible de construire une
méthode itérative descendante, récursive,
commençant à la fin du contrat. Mais n’essayons pas de
compliquer les choses (j’ai déjà suffisement de mal
à m’y retrouver moi même).
Comme l’explique l’article R331-3 du Code des Assurance (
ici), "
Provision mathématique : différence entre les valeurs actuelles des
engagements respectivement pris par l’assureur et par les assurés, à
l’exception, pour les contrats mentionnés à l’article L. 142-1, des engagements relatifs à la provision de diversification" ou ici pour le lexique de l’ACAM. Le document
ici reprend aussi une définition de ces provisions,
- La vision du Bowers et al.
Dans l’actuariat américain, le calcul des
benefit reserves
se fait en introduisant

, correspondant à la valeur
actualisée à la date t des gains (ou des pertes) futurs
de l’assureur (obtenus comme différence entre les engagements de
part et d’autre). La provision mathématique est alors "
l’espérance
de la valeur actualisée à la date k des gains futurs de
l’assureur conditionnelemnt au fait que (x) soit en vie". La forme concise est alors
C’est cette définition que nous avions utilisé en cours.
Nous avions commencé, en cours, par la méthode
prospective, car c’est la plus naturelle (de mon point de vue) compte
tenu de la législation. Nous avions posé
Notons que
où le terme de droite désigne la valeur actuelle probable d’un capital
différé, relatif au versement d’un euro dans n
année, conditionnée par la survie de (x), i.e.
Si l’on se place à la date k (car c’est le plus simple, mais
l’assuré a alors l’âge x+k), notons que la
différence entre les valeurs actuelles probables des engagements
des deux parties donne, simplement
car d’un côté, on a une temporaire décès sur
les n-k années restantes pour un assuré d’âge x+k,
et de l’autre, l’assuré a pris l’engagement de verser sa prime
(qui reste inchangée) pendant n-k années s’il vit. Aussi,
où l’on considère des assurances décès différées. On peut aussi écrire
La méthode rétrospective n’est pas beaucoup plus compliquée. On écrit simplement
i.e.

. Or

, et donc
L’idée est ici de décrire la variation de la provision
mathématique entre deux dates en fonction des variation des
engagements de part et d’autre. D’un côté il y a le
paiement de la prime (en début de période, donc pas de
problème d’actualisation et de non paiement), et de l’autre, une
assurance décès sur un an. Aussi
Or

, ce qui donne, finalement
avec la convention que la première PM est nulle (de part notre principe fondamental de valorisation).
Bon, c’est bien joli ces formules, mais il serait bon de voir si on peut faire des
calculs. J’avais fait en cours les calculs dans une feuille excel (comme
ici), mais
avec R on devrait pouvoir y arriver facilement.... ça sera l’objet d’un billet qui arrivera rapidement (normalement).
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