Après un week-end de trois jours en Vendée, je vais faire un rapide billet sur les inondations costales (après la catastrophe improbable du barrage de Vajont, ici), que j’aurais du mal à qualifier d’improbables....
Lorsque l’on parle des l’histoire la théorie des valeurs extrêmes (ou plutôt la second partie de l’histoire, la première avait été racontée ici), on évoque souvent la crue de février 1953 qui a inondé les Pays-Bas (je renvoie aux slides de Paul Embrechts par exemple, ici). Pour résumer, pendant la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, une très forte tempête traversa la mer du nord. Dans des villes où la marée haute atteignait en moyenne 1 mètre au dessus de niveau de la mer à Amsterdam (ce que l’on appelle NAP, Normaal Amsterdams Peil), on atteignait presque les 4 mètres. Comme souvent (je pense par exemple à la canicule de 2003 en particulier, à laquelle je consacrerais bientôt un billet), le problème n’est pas seulement les hauteurs extrêmes, mais la persistance, i.e. le fait que l’évènement ait duré longtemps. En effet, le 1er février 1953, la marée basse n’avait pas causé de véritable baisse du niveau de l’eau, si bien que quand la marée haute arriva, l’eau avait déjà atteint un niveau très élevé. Mais comme le notait de nombreux commentaires de l’époque, les grandes marées étaient prévues 2 semaines plus tard, autrement dit la catastrophe aurait pu être pire encore si elle était survenue 15 jours plus tard !
Les digues subirent plus de 400 brèches, et plus de 500 km de digues furent à reconstruire. Mais surtout, 1836 personnes trouvèrent la mort, ce qui, ramené à la population des Pays-Bas de l’époque (de l’ordre de 10 millions d’habitants, ici), correspondrait à une catastrophe causant la mort de plus de 10000 personnes en France (ou plus de 60000 aux Etats Unis) aujourd’hui. La carte ci-dessus montre la région qui s’est retrouvée sous l’eau soit plus de 1600 km2 (sinon je renvois ici pour des photos). Comme toujours dans les catastrophes, l’intérêt ex-post sont les leçons que l’on en a tirées. Aux Pays-Bas, la catastrophe a donné naissance au Deltawerken, qui initia (et finança) davantage de recherche sur le niveau des digues, ce que nous appelerions en gestion des risques un problème de calcul de Value-at-Risk: à quelle hauteur mettre une digue pour éviter qu’un évènement se produise dans 99,999% des cas ? Je renvoie ici ou là pour plus d’information sur la catastrophe...

Il s’agit d’un accident routier, le 11 juillet 1978. Un camion citerne contenant du propylène a explosé à proximité d’un camping, et tua plus de 200 personnes et de très nombreux blessés. Comme l’avait titré à l’époque Time, "

Par exemple, imaginons un 



Par contre, je me disais qu’il pourrait être intéressant de
revenir sur quelques catastrophes majeures, parfois hautement
improbables, permettant d’entrevoir le champ des catastrophes qui
pourraient survenir un jour.
Tout a commencé à 22 heures 40, avec un éboulement
qui se détacha des pentes du Mont Toc, en
s’écroulant sur le réservoir (en amont du barrage), avec une masse compacte de plus
de 270 millions de m3. Tout le côté du Toc, sur une largeur de3 km.environ, s’est enfoncé dans le réservoir (avec ses
forêts, ses champs et ses
maisons). Pour faire simple, deux énormes vagues de plus d’une centaine de mètres de haut vont alors déferler...
La première, en
amont, a été poussé à
ouest, où la vallée du Vajont
s’élargit, mais sans véritables
conséquences importantes.
L’eau
submergea les maisons, les églises, les hôtels,
les monuments, les routes, et plia les voies de la gare de Longarone.
La vague rebondit contre la montagne, et un lent refluement
commença (en sens inverse de la poussée initiale).
D’autre villes firent détruites
entièrement ou en partie: Rivalta,
Pirago, Faè et Villanova dans la Commune de Longarone,
Codissago dans
la Commune de Castellavazzo. À Pirago seulement le clocher
survit
miraculeusement, la villa Malcom et ses scieries disparurent. Le flux
du Piave se rétablit seulement dix heures plus tard. 

